ADIEU FACEBOOK!
J’étais sur Facebook depuis 2010.
A cette époque, je considérais ce réseau comme un fantastique moyen de communiquer, de « m’ouvrir au Monde ».
Je pratiquais alors la photo de rue de manière quasi-quotidienne et
j’ai eu deux années d’échanges enrichissants. Je faisais partie d’un
groupe virtuel de photographie : nous échangions des techniques, des
conseils. Un thème était proposé chaque semaine et chacun mettait sa
photo en ligne, les autres membres du groupe commentaient. J’ai appris
des tonnes de choses! Nous avons organisé des rencontres-photo à Paris.
C’était vraiment formidable ! j’en garde un très bon souvenir et puis …
vous savez… rien ne dure…
Le temps passait, Facebook évoluait, changeait ses algorithmes,
proposait des publicités ciblées plus ou moins pertinentes … les pages
devenaient de plus en plus orientées business, les multinationales et les partis politiques prenaient de l’importance (eh oui ! Facebook ça représente quand même 2 milliards d’utilisateurs actifs par mois !!)
Au fil des ans, les échanges entre internautes sont devenus soit plus conflictuels (si l’on évoquait l’actualité et émettait une opinion un tant soit peu divergente), soit creux, en manque de sens (si on évitait d’émettre une quelconque opinion par crainte du haro).
Les selfies se sont mis à fleurir en masse et remportaient (remportent toujours) des centaines voire des milliers de « likes », alors qu’une cause qui me semblait juste et humaine n’intéressait visiblement personne…
Et pourtant j’y suis restée.
6 années de plus, 6 années de trop.
Je n’ose même pas calculer l’approximation du temps perdu que j’aurais pu consacrer à avancer sur des projets gratifiants !
C’est vrai, je restais car j’aimais encore échanger avec mes proches quelques photos de mes balades ou quelques créations personnelles et puis tout passait désormais par Facebook, alors comment faire ? les spectacles, les sorties et les événements aux alentours, les soirées d’anniversaire, les organisations de pique-niques, le partage des photos de vacances …
Très envie de partir, oui, mais difficile de se couper de ce réseau
où TOUT s’y trouvait, y compris la famille et les amis. J’avais sans
doute peur d’être tenue à l’écart, peur d’être socialement isolée,
marginalisée, peur du tri inévitable qui allait avoir lieu dans mes
relations si je supprimais ma page : ceux qui continueraient à rester en
lien avec moi par d’autres moyens, et ceux qui m’oublieraient à jamais.
Si je me résume : je restais donc par peur.
Ma démarche actuelle de simplification m’a fait reconnaitre aujourd’hui comme une évidence que Facebook devait sortir de ma vie, qu’il faisait partie du superflu à évacuer sans aucun état d’âme.
Chronophage, superficiel, vide, frustrant et exploiteur de données personnelles à des fins plus qu’opaques (commerciales, politiques …) ce réseau ne m’a, de surcroit, pas apporté que des satisfactions relationnelles, bien au contraire …
La Vie est ailleurs. Ma vie est ailleurs.
Mais on ne quitte pas Facebook comme ça !
Alors que créer un compte prend trois minutes, l’effacer définitivement prend 3 mois…
D’abord, il faudra parvenir à trouver le lien pour supprimer son
compte (et non simplement le désactiver), puis il faudra attendre 14
jours pour que cette demande de suppression soit effective (si vous vous
reconnectez entre temps, cela l’annule purement et simplement). On vous
indique ensuite que, pour que votre compte soit définitivement
supprimé, cela pourra prendre jusqu’à 90 jours supplémentaires.
A l’heure où je vous écris, je suis au mitan de la première phase.
Les réseaux sociaux ont poussé certaines personnes jusqu’à l’extrémité absolue. Je pense aux mises en scène mortelles pour un selfie, aux annonces de suicide restées sans réponse, à la grande solitude que certains peuvent ressentir par comparaison aux « vies rêvées » qui défilent sur leur écran…
Nous nous devons de réinjecter un peu d’authenticité et d’humanité dans nos vies en ne laissant pas la technologie et la vie virtuelle envahir tout l’espace disponible.
Le virtuel est de tout évidence notre futur mais il me semble primordial de conserver notre attention sur notre réalité, là, maintenant, et sur nos besoins profonds. Nous pouvons utiliser les nouvelles technologies pour créer de très belles choses, ne nous en privons pas, mais elles doivent rester des outils.
Je pense qu’il est nécessaire que nous sachions gérer avec discernement nos réseaux sociaux en nous posant la bonne question de leur utilité dans notre vie, nécessaire aussi que nous préservions avec plus d’attention notre vie privée et que nous consacrions notre temps si précieux à ce qui nous est véritablement essentiel.
Mars 2019 : j’ai vécu 3 ans sans Facebook puis … j’y suis retournée ! coupée de certains amis ou ne pouvant tout simplement pas consulter certaines infos (beaucoup désormais n’ont plus de site web mais juste une page FB)… j’ai recraqué ! Mais je l’utilise différemment, avec parcimonie et, je l’espère, plus « intelligemment »… (à suivre donc).
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