DÖSTÄDNING
Peut-être certaines déambulations dans le magasin de la cuisine équipée ou du dressing de vos rêves ? Ce n'est pas un hasard! Ce mot est suédois ...
Et ce mot signifie : le nettoyage de la mort, le rangement avant de mourir, le ménage pré-mortem... en anglais : deathcleaning.
Ce concept du döstädning a été rendu populaire en France par Margareta Magnusson grâce à son livre "la vie en ordre".
Mais qu'est-ce-que la Mort a donc de commun avec le minimalisme? me direz-vous.
Eh bien... simplement, il s'agit de se préparer au départ sans retour en ne laissant derrière soi que le strict minimum, par respect pour ceux que l'on aime.
Le but est d'éviter tout le stress pour nos proches d'avoir à désencombrer une maison, en plus de toutes les démarches pénibles à entreprendre, en plus du deuil.
Je pense que lorsqu'on atteint un certain âge, on doit commencer à envisager raisonnablement la mort (inéluctable!) et à vider sa maison . Donner certains objets à ses proches pendant que l'on est encore en vie (ou du moins les proposer) plutôt que de penser qu'ils se débrouilleront avec l'héritage est une bonne décision ; tout comme en donner certains autres pour aider ceux qui en ont besoin, maintenant.
Organiser ses possessions en se mettant "dans la peau" de ceux qui devront les trier après notre départ permet de prendre quelques décisions. Voici les miennes :
Les objets du quotidien : je les désencombre depuis des années et m'efforce de ne garder que ce qui m'est essentiel à une vie simple et confortable. Il n'y aura pas de grand tri de vaisselle ou de vêtements à faire, pas de tri de salle de bain encombrée, pas de tri non plus dans mes livres : je n'en ai gardé que quelques-uns que je considère importants. Ceux qui me survivront les liront peut-être...
Les objets sentimentaux : j'ai conservé quelques objets qui appartenaient à des membres de ma famille aujourd'hui disparus : père, frère, grands-parents ... Prendre des photos de ces objets et faire un petit livre avec quelques mots sur leur histoire est un de mes choix. Ainsi, mes proches en connaîtront l'origine et décideront plus facilement de leur avenir : les conserver ou non.
Les photos : elles sont désormais regroupées en album, pas de tri de photos donc, j'ai déjà donné ou jeté celles qui devaient l'être. Pour les photos de famille très anciennes, une petite étiquette avec le nom de l’aïeul permettra de reconnaître l'arrière-arrière-grand-père (car connaître ses racines me semble important).
Les lettres : les lettres trop intimes ne me survivront pas. Je n'ai gardé que quelques écrits, plutôt romantiques, témoins des sentiments que l'on a pu me porter un jour. Ce sont de jolis mots, alors pourquoi pas ?
Les trucs que l'on ne souhaite pas que nos proches découvrent . Il y a une partie de mon passé que personne ne connaîtra, jamais, même après le grand envol : mon jardin secret en quelques sorte. Je pense avoir été sincère et authentique toute ma vie, aussi mes proches connaissent déjà beaucoup de moi. Beaucoup mais pas tout, ni aujourd'hui, ni après ma mort. Ces traces doivent donc disparaitre.
Je ne vais pas faire une liste exhaustive ici, l'état d'esprit de cette "préparation" est aisé à comprendre : après avoir accepté qu'il faudra bien mourir un jour, mettons-nous à la place de ceux qui resteront et auront à assumer ce que nous n'avons pas assumé nous-même. Simplifions leur la tâche autant que possible, dès maintenant.
Désencombrons, allégeons !
Par amour.
Je vous souhaite une très longue vie !

