L'ARGENT

Lorsqu’on est minimaliste, on fait beaucoup de tri dans nos possessions et dans notre vie en général.

On connait désormais un peu mieux ce qui est essentiel à notre bonheur, ce qui est bon pour nous, ainsi que les projets qui nous tiennent à cœur.

Notre argent sera donc préférablement investi dans un projet, une expérience ou, s’il s’agit d’un objet, dans un objet nécessaire, durable et mûrement choisi.

L’argent ne fait pas le bonheur et encore moins celui d’un minimaliste qui cherche à reprendre le contrôle de sa vie, en se détachant de la consommation et du regard des autres.

L’argent ne fait pas le bonheur …oui mais … dans notre société, il présente quand même quelques « avantages ». Il nous est indispensable pour nous loger et nous nourrir, nous protéger de l’imprévu ou réaliser un rêve, car oui, dans notre société, l’argent permet beaucoup de choses !

Mais l’argent, c’est aussi le diable et aujourd’hui il semble bien qu’il gouverne le monde !

Il crée les injustices, la corruption, les trafics. il crée cette envie du « toujours plus ». Gagner de l’argent pour gagner de l’argent, gagner de l’argent pour être regardé différemment, gagner de l’argent pour acheter des trucs sensés nous rendre heureux, gagner de l’argent pour gagner du pouvoir…

Le minimaliste, lui, fait de cette petite phrase son adage : « L’argent est un bon serviteur mais un mauvais maître ».

Cela peut sembler évident mais pour disposer d’argent afin de concrétiser certains projets ou certains rêves, il n’y a, selon moi, que deux alternatives : travailler plus pour gagner plus (ça vous rappelle un truc, non ?) ou dépenser moins.

Pour dépenser moins, il faut d’abord analyser ses dépenses et être plus attentif à « où passe l’argent », souvent si durement gagné. Une étude attentive de nos dépenses (par exemple sur les 3 derniers mois) nous permet de mettre en évidence les sommes, parfois conséquentes, investies dans l’inutile ou la facilité et qui ne nous ont pas apporté de réel plaisir, de réelle valeur ajoutée à notre équilibre.

On peut ensuite, en pleine conscience, commencer à « repenser » notre quotidien, notre vie. Cette étape est celle de la prise de conscience.

Pour exemple, la formule du midi : un sandwich+ une boisson, à 6 euros (soit 30 € par semaine, soit 120 € par mois, soit 1440€ par an...) est-elle une source de plaisir sans bornes et épanouissante pour vous? Ces 120 € ne pourraient-ils pas être utilisés dans quelque-chose qui vous correspond mieux ? comme ce long week-end de 4 jours à Lisbonne ? Ces 1440€ ne vous apporteraient-ils pas un vrai bien-être, investis dans un projet qui compte réellement pour vous ?

L’analyse de nos dépenses permet l’étape suivante : la prise de décision et le changement d’habitude qu’elle sous-tend. Il faudra être certain d’être totalement prêt et motivé à chaque changement d’habitude cela doit se faire progressivement et sereinement. Il ne s’agit pas de « je dois » mais bien de « je veux, j’ai décidé ».

En vous préparant un bento le soir pour le lendemain midi, vous irez à Lisbonne (et vous vous nourrirez mieux) !

En acquérant un autre état d’esprit, en adoptant un raisonnement différent comme par exemple celui-ci : plus mes possessions se réduisent et moins j’ai besoin de meubles pour les stocker. Moins je possède de meubles et moins j’ai besoin d’un grand appartement . Moins je dépense pour me loger et plus je peux voyager etc …on en vient alors à se poser la vraie question : que voulons-nous vraiment ?

La bonne nouvelle c’est que moins l’on possède de choses et moins l’on a besoin d’en posséder (ni l’envie). Mais, a contrario, plus on en acquiert et plus cela nous incite à en acquérir davantage.

« J’ai craqué pour ce pantalon à carreaux qui ne va avec aucune pièce de ma garde-robe. Je vais donc acheter ce pull qui lui est coordonné. Ah mais je n’ai pas les bonnes chaussures assorties non plus !… »

« Penser » sa garde-robe permet d’éviter l’achat compulsif, la dépense inutile,  et la sur-consommation de vêtements avec toutes les conséquences que nous connaissons (esclavage moderne, pollution, épuisement des ressources…).

« Penser » ses menus pour la semaine permet de ne pas céder à la facilité du restaurant-dépannage, de la mal-bouffe ou de la livraison à domicile de dernière minute (et d’encourager l’uberisation) .

« Penser » un achat important permet de ne pas avoir recours au crédit et d’enrichir le banquier, mais d’épargner pour ce projet (une sorte de crédit fait à soi-même « en amont »)

« Penser » à QUI l’on donne son argent (à Mac Donald ou au petit commerçant du coin ? ) c’est penser à qui l’on souhaite apporter son soutien.

Le minimaliste a, vis-à-vis de l’argent, la même posture que vis-à-vis des autres secteurs de sa vie : mettre son énergie, son temps (et donc aussi son argent)…. au service de ce qui lui est essentiel et pas ailleurs, dans le respect de ses valeurs.

Penser avant de dépenser.

C’est une prise de contrôle de sa propre vie qui est extrêmement libératrice.

Je détaille dans cet article : « le budget » une des nombreuses façons de procéder pour établir un budget contrôlé. Ce n’est qu’un exemple bien sûr : chaque budget s’établissant au cas par cas selon les revenus et les priorités de chacun.

L’essentiel étant que l’argent dont nous disposons, qui est limité, soit investi là où nous trouverons une joie véritable, apportant une réelle valeur ajoutée à notre vie.