LA SLOW LIFE

Je n'ai jamais porté de montre et je suis pourtant devenue une personne plutôt ponctuelle et plutôt organisée. 

Je n'ai jamais apprécié de consulter ma montre 20 fois par jour pour calculer combien de temps il me reste pour une activité, combien de temps s'est écoulé depuis mon arrivée dans tel ou tel lieu, combien de temps avant l'heure de ceci ou cela...

Je m'organise pour les rendez-vous importants et pour le reste j'essaie d'être ancrée dans le présent, de vivre le moment. 

A vivre sans montre, on acquiert une bonne notion du rythme auquel le temps s'écoule.

Lorsque j'étais plus jeune, habitant Paris, il m'arrivait d’accélérer le rythme, de courir après un métro, de négliger le déjeuner pour "avoir le temps" de faire quelques courses... je vivais vite, et de plus en plus vite, pour ensuite perdre toutes ces minutes "gagnées" (au prix de stress) en grasses matinées à n'en plus finir, en coups de barre intempestifs passés à ne rien faire sauf subir ma fatigue.

Ralentir le rythme a été pour moi une nécessité, une évidence. Stop à la vie chronométrée!

J'ai alors observé attentivement la manière dont je gérais mon temps et repéré là où j'en perdais, là où je croyais en "gagner", à tort.

Ce repérage de l'utilisation de notre temps est nécessaire. Il s'agit de débusquer les "mangeurs de temps".

En apprenant à gérer ces voleurs de temps, nous allons tout naturellement en libérer pour le consacrer à ce qui compte vraiment pour nous. C'est une façon de retrouver une respiration et un espace qui améliorent notre qualité de vie.

Nous sommes maîtres d'une grande partie de notre temps, nous avons le pouvoir de le consacrer à telle ou telle activité, à telles ou telles personnes.

Dans les années 70, Alec MacKenzie s'est penché sur le problème. Il a publié un livre : "Time trap" (Le piège du temps) et a dressé une liste des voleurs de temps les plus fréquents :  voleurs externes mais aussi voleurs internes. Ces listes concernent principalement le monde du travail, la perte de temps dans le monde professionnel.

Pour ce qui concerne la sphère privée, je peux citer quelques-uns de ces "voleurs" que j'ai moi-même repérés :

  • les écrans sous toutes leurs formes (c'est fou le nombre d'heures perdues devant un smartphone ou un écran de TV. J'y consacre tout un article ici : "Les écrans")
  • les queues à la caisse des magasins (s'organiser pour faire ses courses à une heure de faible fréquentation est une des solutions. Lorsque mes enfants étaient bébés, je faisais mes courses en nocturne, portant le bébé en kangourou près de moi. Calme et zénitude garantis!)
  • la volonté d'être toujours disponible pour les autres (apprendre à dire "non" aux sollicitations immédiates et  proposer un temps qui nous convient est une réponse possible)
  • les appels téléphoniques extérieurs (ne pas répondre dans l'instant à l'appel lorsque nous avons entamé une activité. Terminer ce que l'on faisait puis rappeler, détendu)
  • les démarches administratives (être régulier dans la gestion de ses papiers permet de ne pas perdre de temps à solutionner ultérieurement des problèmes nés de notre négligence)
  • la réparation de machines : voiture, machine à laver, télévision ... (ne pas s'encombrer de machines inutiles et veiller à l'entretien régulier de celles que l'on possède permet d'éviter les jours de congé pour attendre l'artisan ou les aller-retours encombrés chez le réparateur)
  • le ménage, les courses (une bonne organisation qui "morcelle" les tâches de ménage et leur répartition sur tous les jours de la semaine dégage du temps pour le week-end. L’établissement de menus et de listes de courses hebdomadaires permet de ne se rendre au supermarché qu'une seule fois dans la semaine)
  • le perfectionnisme (vouloir trop bien faire mange beaucoup de temps et ne change réellement pas beaucoup les choses : il faut abandonner cette envie de perfection et accepter le fait que rien dans ce monde (ni personne) n'est parfait. 
  • le désordre (être désordonné fait perdre beaucoup de temps bien sûr : la demie heure à chercher ses clefs le matin, le passeport introuvable deux jours avant de partir en vacances ... la liste est longue).

Il est important, pour avoir une qualité de vie satisfaisante, de consacrer plutôt du temps à :

  •  son corps (bien le nourrir, le soigner, dormir suffisamment)
  •  ses loisirs (expos, sport, jeux de société ...)
  • son évasion (voyages, randonnées, vacances, balades dans la Nature ...)
  • aimer (cajoler, faire plaisir, partager avec ceux que l'on aime)
  • vivre avec les autres (les voisins, les collègues, les amis, la famille)
  • lire (étudier, s'évader, s'instruire)
  • créer (la création est importante pour notre équilibre : cuisiner, bricoler, peindre, écrire...)
  • contempler la beauté du monde qui nous entoure, même dans les plus petites choses : un papillon, les étoiles, une sculpture...
  • être seul : nous devons dégager du temps pour bénéficier d'une pause "solitude". Un temps solitaire permet de décompresser, de se retrouver et d'écouter ses besoins, de réfléchir à certains choix, de ne rien faire si ce n'est savourer le temps qui passe...

Pour conclure : nous avons le pouvoir de gérer notre temps afin d'être plus zen et heureux. Nous pouvons ralentir le rythme à un niveau personnel même si tout s'agite autour de nous.

J'ai décidé, par exemple, de ne plus jamais courir après un bus. Cela m'oblige bien sûr à partir 10 minutes plus tôt si j'ai un rendez-vous ou à attendre le suivant si je n'ai pas d'impératif. Quelle importance ?

Autre exemple : j'ai un petit planning pour mon ménage. Autrefois, je stressais parce que je n'avais pas accompli tout ce que ma liste prévoyait. J'ai pris du recul : ce qui n'a pas été fait aujourd'hui le sera demain (ou après-demain) : j'ai abandonné cette obligation de perfection qui me collait à la peau depuis l'enfance. Cette posture libère.

Ralentir le rythme, je vous le souhaite à tous. Nous ne sommes pas faits pour une vie de robots mais pour vivre au rythme de la Nature, notre mère à tous. Nous ne sommes qu'un petit maillon de la chaîne du Vivant.

Alors stop! ne courrez plus, vivez et prenez bien le temps de vivre.

Adoptez la "slow life", la vie ralentie.