BUDGET ULTRA-SERRÉ #4 : L'ÉPARGNE
Si vous avez suivi les 3 premiers épisodes de ma série "budget ultra-serré", vous savez déjà que la personne prise en exemple (célibataire au RSA s'acquittant d'un loyer de 400€) a déjà prévu dans ses frais fixes une petite épargne (15€) qui est virée automatiquement vers son livret (lorsque l'on n'est pas imposable, la meilleure option est le LEP). Cette épargne, n'y pensons plus, elle va croître en silence (on y déposera aussi les revenus exceptionnels) : il ne faut pas piocher dedans au moindre souci ! On l'oublie.
Dans ses frais variables (les enveloppes), elle a également budgété une catégorie "Imprévus" qu'elle alimente chaque mois (dans notre exemple : 20€). Cette enveloppe sera bien utile en cas de problème : réparations (un robinet qui fuit, des chaussures à ressemeler...) ou obligations (un billet de train de dernière minute etc ...). C'est la 2ème épargne, celle qui évite de piocher dans les autres enveloppes au moindre souci.
Il ne reste plus qu'à espérer qu'il n'y ait pas d'imprévu chaque mois et que cette épargne puisse grossir un peu au fil du temps. Là encore, il faut un peu d'auto-discipline : à n'utiliser qu'en cas de véritable imprévu !
Car si le chat est malade : il y a déjà une enveloppe pour ça ("animal de compagnie").
S'il faut acheter des fleurs parce qu'on est invité à un diner : il y a déjà une enveloppe pour ça ("cadeaux").
S'il faut acheter un médicament non-remboursé, il y a déjà une enveloppe pour ça ("Divers") etc...
Passons à la 3ème épargne : les petites pièces.
Chaque fois que vous rencontrez des centimes rouges ou jaunes (et 1 ou 2€ de temps à autre, si c'est possible), mettez-les dans un bocal ou une boite.
Car, selon le dicton, ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières. Cette épargne peu conséquente dépannera en cas de grande disette : elle peut se transformer en bon d'achat dans un supermarché équipé de la machine adéquate.
Et même s'il ne s'agit que de 5€, cela permet parfois de pouvoir acheter quelques produits alimentaires qui seront les bienvenus (on se décarcasse un peu pour trouver 5 produits à 1€ : riz, semoule, lait, légumes, fruits, pâtes... que l'on cuisinera pour réaliser plusieurs repas).
1 repas = 1€, c'est possible. C'est ce que propose Marina sur son site très inspirant.
Et on garde le moral ! 1 repas=1 euro, ce n'est pas une catastrophe, c'est un défi !
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| Le livre de Marina |
Étant donné que je peux me le permettre aujourd'hui, j'ai investi dans ce gadget : la tirelire qui sait compter (8€). Elle peut paraitre sans doute inutile mais elle rend ludique la gestion de la galère (et ça c'est plutôt positif).
La 4ème épargne est celle de l'enveloppe "Projet" : on l'alimente chaque mois jusqu'à atteindre l'objectif que l'on s'est fixé.
Bien sûr, notre célibataire au RSA ne fera pas un tour du monde avec cette épargne mais pourra très certainement vivre un week-end agréable avec des amis, aller au restaurant, s'offrir une manucure ... bref, ce genre de petits plaisirs qui sont interdits quand on survit avec si peu de revenus.
Et enfin, voici la dernière façon dont on peut se constituer "une poire pour la soif" : si l'on a réussi à moins dépenser dans telle ou telle catégorie, l'enveloppe s'étoffe et s'étoffera au fil du temps. Cela nous donnera un petit espace de respiration dans une catégorie ou dans une autre.
Rien ne s'oppose à ce que, ayant quelques billets d'avance dans une catégorie, on choisisse de venir en étoffer une autre. La décision se prend à chaque début de mois, au moment de la répartition.
Voilà ! il faut maintenant apprendre à vivre avec de l'argent liquide et ne jamais emporter avec soi la carte Visa : elle est rangée et attendra le mois prochain pour le retrait unique.
Je pars faire les courses (pour une semaine) ? Je mets les 40, 50€ (ou + selon le budget établi) dans mon porte-monnaie et je fais avec. On réalise, en pratiquant, que cela ne diminue en rien notre niveau de vie, même si cette façon de faire oblige à un peu de rigueur et d'organisation.
Au début, il faut un peu calculer pour ne pas dépasser la somme allouée mais l'habitude se prend rapidement. Personnellement, je rentre désormais dans mon budget-courses sans beaucoup d'efforts quant au choix des produits en magasin.
Ici s'achève ma petite série "budget ultra-serré". Si vous m'avez lue et que vous êtes concerné(e), j'espère qu'elle vous aidera à traverser une période de vaches maigres en évitant l'endettement et la déprime. Gérer, même si peu d'argent, c'est prendre sa vie en main, éviter que la situation n'empire : ne pas subir !
"Vivre un truc, ça ne veut pas dire le subir stupidement. J'accepterais de vivre à peu près n'importe quoi, justement parce que j'aurais toujours la ressource de le vivre librement" (Simone de Beauvoir).



