SE LIBÉRER DU SYSTÈME ?
Il énonce une vérité incontournable : nous pouvons, dans bien des situations, remplacer l'argent par notre propre travail. Nous pouvons produire ce dont nous avons besoin plutôt que de l'acheter.
Dans notre société, on doit travailler pour gagner l'argent qui nous permet d'acheter des produits ou des services.
Vous travaillez pour un patron, il va vous donner de l'argent en échange. Avec cet argent vous allez acheter un téléphone, avec ce téléphone vous allez appeler une pizzeria qui va vous livrer une pizza à votre domicile. Cette pizza (et la livraison), vous allez la payer avec l'argent gagné chez votre patron.
S'affranchir de la société de consommation, c'est faire sa pizza soi-même plutôt que de travailler chez un patron pour avoir de l'argent pour la payer. Cet exemple "pizza" est valable pour presque tout.Vous pouvez choisir de vous libérer du système un peu, beaucoup ou quasi-totalement.
Je continue avec l'exemple de la pizza :
Vous pouvez par exemple choisir : d'acheter une pâte toute prête et d'acheter chez Carrefour vos ingrédients de garniture, de la cuire dans votre four électrique dont l'électricité est fournie par EDF.
Vous pouvez aussi choisir : de faire votre pâte vous-même avec la farine que vous avez achetée chez Carrefour.
Ou alors : vous pouvez faire votre farine vous-même à partir du blé que vous avez acheté, mais vous pouvez aussi choisir d'aller encore plus loin en faisant pousser votre propre blé.
Il en va de même pour la sauce tomate, les olives, le basilic...
Bref, on peut produire de façon complétement autonome sa pizza (et même le bois qui chauffe le four, four que vous avez construit vous-même!)
Plus on fait de choses par soi-même et moins on a besoin d'argent. Le travail, le temps consacré à son autonomie est transformé en argent "non-dépensé".
La société de consommation nous force à gagner de l'argent pour nous forcer à interagir avec elle. Elle ne souhaite pas que nous nous suffisions à nous-mêmes. Pour cela, elle crée des besoins permanents, ces besoins sont bien sûr créés artificiellement afin de nous vendre des produits (ou des services) et générer des profits.
Nous sommes donc obligés d'acheter sans cesse. Par exemple : un nouveau téléphone (un vieux modèle même encore opérationnel ne permettra plus, à un moment donné, de faire tourner certaines applications), une machine à laver est désormais conçue pour rendre l'âme après quelques années (c'est l'obsolescence programmée) alors qu'elle pourrait parfaitement être utilisable des décennies. Et c'est ainsi pour tout...
Nous devons réfléchir à nos besoins et bien les distinguer. Il y a nos besoins vitaux : manger, boire, avoir un toit, se chauffer en hiver.... et les autres.
Nous devons satisfaire nos besoins vitaux, sous peine de mort. Il nous faut donc payer un loyer, l'eau, l'énergie, la nourriture ... et pour cela il nous faut de l'argent (celui gagné chez le
patron). Mais on peut aussi choisir de s'en affranchir (c'est très compliqué mais c'est possible). Chacun réfléchira aux moyens d'y parvenir s'il le souhaite, les besoins vitaux ne sont pas très nombreux.
Peut-on être complétement autonome pour combler nos besoins vitaux ?
S'affranchir du système, alors qu'on est en plein dedans, ne consiste certainement pas à tout plaquer du jour au lendemain pour vivre au fond des bois. Ce serait une folie!
Pour ce qui concerne nos besoins vitaux, une transition est possible, tout comme une autonomie relative est possible également.
Par exemple : avec de l'argent (celui gagné chez le patron) on peut choisir de le donner à EDF pour payer la facture d'électricité ou on peut l'investir dans un panneau solaire dans le but de produire sa propre énergie.
On peut acheter ses légumes chez Carrefour ou on peut choisir de créer un potager.
On peut choisir d'acheter son pull chez Benetton ou de tricoter soi-même un pull en achetant de la laine, ou même : de tondre un mouton, de filer la laine et de tricoter un pull... Il faudra peut-être acquérir de nouveaux savoirs-faire : tondre, filer, tricoter.
Ce choix peut s'opérer dans beaucoup de domaines.
Vous comprenez la démarche.
Nous sommes devenus totalement dépendants du système pour presque tous nos besoins, mais on peut choisir de s'en détacher pour tel ou tel. C'est une libération progressive (et
lente).
On peut imaginer que, pour une raison ou pour une autre, on ne puisse plus s'appuyer sur le système pour combler nos besoins : guerre, pénuries... quelle que soit la raison, nous serons contraints de trouver des solutions.
On peut, dès à présent, choisir de se libérer de cette dépendance au système, non par crainte d'un effondrement mais par choix de la Liberté.
Je suis très loin d'être autonome mais, progressivement, ma démarche minimaliste m'a conduite à changer pas-à-pas mes habitudes de vie. Ainsi, je ne commande plus jamais de pizza chez Uber : je la fabrique. Je fais également mon pain, je transforme mes vêtements, je ne subis plus la publicité, j'essaie d'acquérir de nouveaux savoirs et de nouvelles compétences etc...
Il n'est pas question de rejeter en bloc la société de consommation mais de s'en détacher
autant qu'on le souhaite : un peu, beaucoup ou presque totalement...Chacun aura son degré de détachement.
L'argent reste nécessaire mais on peut réduire la quantité dont on a réellement besoin en remplaçant l'achat par notre propre travail (il faut donc dégager du temps). Produire soi-même est un travail qui peut-être plus gratifiant et empli de sens que celui que nous avons aujourd'hui chez un employeur.
C'est le choix de vie qu'avaient fait mes grands-parents qui vivaient en quasi-autonomie. Mon témoignage sur ce mode de vie (partagé avec eux quelques années) se trouve dans le précédent article "Effondrement & autonomie".
Pour conclure, je pense qu'il est bon de s'observer et de se poser la question, lors de nos actes d'achat, de la possibilité de produire soi-même ce que l'on à l'habitude d'acheter sans y penser et comment le produire (si on choisit cette option) : faudra-t-il, par exemple, acquérir un nouveau savoir-faire ? remplacer un objet jetable par un objet pérenne ? etc...
Si l'on choisit de se détacher du système, ne serait-ce qu'un petit peu, cette observation de nos comportements s'impose.
